VŒUX DE MAMIMAD POUR L’ANNEE 2018

A l’approche des fêtes de fin d’année et du nouvel an, le Président d’honneur, le Président National et les Membres du Bureau de Malagasy Miara-Mandroso Aron’ny Demokrasia (MAMIMAD) ainsi que leurs épouses respectives, sont heureux d’adresser à tous les adhérents, les sympathisants et chacune de vos familles, nos souhaits de joyeux Noël 2017 et bonne et heureuse année 2018. Que cette nouvelle année soit pour MAMIMAD fructueuse en termes d’initiatives, de travaux et d’activités, aux fins d’atteinte de résultats satisfaisants, par rapport aux devises et objectifs statutaires ainsi qu’au programme d’actions de notre association. En cette période de présentation de vœux aux membres et proches, juste quelques jours avant le nouvel an 2018, année de défis électoraux majeurs, pour qu’enfin, après tant d’années de pauvreté, d’insécurité, de peur et d’inquiétude, voire de désespoirs et de colère, le pays change de cap en vue d’emprunter le chemin de l’espérance, de confiance et du progrès. Il importe alors de rappeler les objectifs et missions statutaires de MAMIMAD, valeurs de références devant guider nos prochaines actions stratégiques. « II- Objectifs et Missions Article 2 L’Association MAMIMAD a pour objectifs de promouvoir et défendre la démocratie, les droits de l’Homme, la bonne gouvernance, le développement harmonieux et intégré de toutes les régions sans exclusion pour quelque cause que ce soit, la répartition équitable des richesses nationales entre les collectivités et entre les citoyens, la responsabilisation des jeunes ainsi que l’approche genre et l’éducation citoyenne. Article 3 L Association a pour mission de: - créer un espace de dialogue, de réflexion et d’échanges d’expériences en vue des actions bénéfiques pour la responsabilisation citoyenne et la démocratie locale ; - contribuer à la lutte contre la mauvaise gouvernance, la pauvreté des populations et à la recherche de leur épanouissement et leur bien-être ; - favoriser l’effectivité de l’autonomie des collectivités territoriales au profit des populations ; - soutenir le développement économique, social et culturel harmonieux et intégré de la Nation, des Régions et de leurs démembrements ainsi que les mesures de protection de l’environnement ; - éradiquer les obstacles au développement de toutes les régions, basés sur la discrimination de toute nature, ou l’exclusion sous toutes les formes ; - promouvoir la solidarité interrégionale et contribuer à l’assistance des collectivités territoriales enclavées ou les moins avancées par une stratégie appropriée ; Pour atteindre ces objectifs, MAMIMAD participe aux mouvements régionaux et internationaux pour la démocratie, les droits de l’homme, l’éthique de gouvernance, l’Administration de proximité et la protection de l’environnement ». Cette période proche des élections présidentielles et législatives est propice évidemment pour l’établissement de l’état des lieux, de manière à éclairer l’opinion publique sur le bien fondé et la pertinence du Projet de Société et le Programme de Gouvernement proposés ainsi que sur l’aptitude des candidats à respecter la parole donnée, pour l’effectivité de leurs promesses électorales. La démarche qui semble la plus appropriée pour apprécier la crédibilité des promesses et de leurs auteurs pourrait consister à faire au début de l’année 2018, l’état des lieux des situations politiques, diplomatiques, économiques, sociales, sécuritaires, culturelles et morales de la nation malgache, par rapport aux prescrits constitutionnels et légaux d’un côté, et les pratiques politiques, administratives et juridictionnelles depuis les dernières mandatures présidentielles successives et la fin de la transition, de l’autre. L’accent devrait être mis sur l’évaluation des résultats sur la base des indicateurs appréciables et ressentis par la population certes, mais aussi sur l’éthique de gouvernance communément acceptée. MAMIMAD s’emploiera à cette tâche d’évaluation, laquelle constitue pour elle un devoir citoyen. Il importe également de rappeler que MAMIMAD a constamment participé aux différents travaux organisés par les acteurs gouvernementaux, de la société civile ou des organisations internationales rentrant dans ses domaines statutaires. Elle a adopté des résolutions dans les grands dossiers d’actualité de portée nationale. Force est cependant de reconnaître que ses propositions de solutions pertinentes n’ont pas été prises en considérations. Des membres de notre association se sont courageusement portés avec lucidité candidats pour occuper des postes au sein des Institutions de l’Etat ainsi que des organes constitutionnels et légaux (Assemblée Nationale, Sénat, Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, Conseil pour le Fampihavanana Malagasy). La nomination au sein du Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit (HCDDED), poste pour lequel est élu le président de MAMIMAD a même été illégalement bloquée. Il n’est pas sans intérêt enfin d’attirer l’attention de tous les membres ainsi que de l’opinion publique sur un passage édifiant des résolutions de MAMIMAD du 09 septembre 2017 : « MAMIMAD, militant avec et au sein de la société civile pour le respect des valeurs démocratiques, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, des droits de l’homme, de l’équilibre régional et de l’environnement, n’est pas un parti politique. Notre association se positionne pour la gestion des affaires nationales par référence à ses objectifs statutaires. Dans l’intérêt général et répondant aux aspirations populaires, il est donc de son devoir de formuler en temps opportun des résolutions objectives et pertinentes dans un esprit constructif. En félicitant sans réserve les réalisations positives de l’Etat et critiquant sans ménagement les dérives de gouvernance, MAMIMAD manifeste son attachement à l’objectivité, la responsabilisation, la transparence et l’intégrité dans la conduite des affaires de la nation et pour la recherche des intérêts des générations présentes et futures ». Les déplacements effectués par les dirigeants de MAMIMAD à travers de nombreuses localités, les informations transmises par ses antennes régionales et les nouvelles des médias ont permis de recenser avec objectivité les réalités politiques, diplomatiques, économiques, sociales, sécuritaires et culturelles ainsi que les aspirations de la population. Ainsi, le retour de la reconnaissance internationale, la mise en place de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme par la loi n° 2014-007 du 22 juillet 2014 et du Conseil du Fampihavanana Malagasy par la loi n° 2016-037 du 02 février 2016, l’adoption de certains textes porteurs dont l’abolition de la peine de mort (loi n° 2014-035 du 10 décembre 2014), la loi n° 2016- 020 du 16 août 2016 et n° 2016-021 respectivement relative à la lutte contre la corruption et sur les Pôles Anti-corruption, la création d’unité spéciale de lutte anti-dahalo…), le recrutement au sein de la fonction publique de plusieurs dizaines de milliers de maîtres FRAM pour soulager les portefeuilles des parents d’élèves déjà frappés par la pauvreté ambiante, les constructions d’infrastructures publiques utiles et les efforts accomplis pour le développement du tourisme, méritent d’être salués. Mais, sont communément ressenties et déplorables : - la distorsion entre les grands principes démocratiques et de libertés fondamentales proclamés dans la constitution avec les pratiques politiques, administratives et juridictionnelles (atteinte aux principes d’élections libres et crédibles, absence de règlementation des financements des campagnes électorales, de liberté de manifestations politiques pacifiques, de séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la Justice…) ; - le déficit d’éthique de gouvernance ; - la politisation de l’Administration ; - le non-respect de la Décision n° 24-HCC/D3 du 12 juin 2015 de la Haute Cour Constitutionnelle relative à la résolution de mise en accusation du Président de la République (recommandant un Pacte de Responsabilité entre le Législatif et l’Exécutif) ; - le défaut d’exécution de l’Avis n° 01-HCC/AV du 12 janvier 2107 de la Haute Cour Constitutionnelle sur les dispositions constitutionnelles se rapportant à la désignation du chef de l’opposition au sein de l’Assemblée Nationale : « Article premier- La loi n° 2011-013 du 09 septembre 2011 portant statut de l’opposition et des partis d’opposition connaît des lacunes et des insuffisances qui ne permettent pas de procéder, présentement, à la désignation du Chef de l’opposition officielle à l’assemblée nationale. Article 2- Des textes réglementaires doivent être pris dans les meilleurs délais et selon les conditions indiquées par le présent Avis, aux fins de remédier aux lacunes et insuffisances précitées et afin de permettre l’installation de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale ainsi que la désignation de son Chef, dans le respect de la Constitution ». - le non respect de l’Avis du Conseil d’Etat du 24 mars 2017 jugeant que l’élection du représentant de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’homme pour siéger au sein du Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit (HCDDED) est régulière. Or en dépit de cet Avis, le HCDDED n’est toujours pas mis en place alors que toutes les conditions légales impératives sont déjà réunies ; - la non mise en place des organes prévus par la Constitution : le Conseil Economique et Social (CES), le Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit (HCDDED), la Haute Cour d la Justice (HCJ), le Conseil National de la Justice (CNJ), l’Inspection Générale de la Justice (IGJ) ; - la non mise en place des niveaux structurels supérieurs de la décentralisation : les Régions et Provinces ; - le non renouvellement des mandats des chefs de Fokontany ; - l’aggravation de l’ampleur de la corruption horizontalement, dans tous les domaines, et verticalement, à toutes les hiérarchies des pouvoirs publics (L’Indice de perception de la corruption ou IPC est de 28/ en 2013, 28/100 en 2014, 28/100 en 2015 et 26/100 en 2016, classant Madagascar parmi les pays les plus corrompus au monde. Le mauvais score de Madagascar ne s’est pas amélioré depuis 2013. Bien au contraire, elle s’est dégradée. Par ailleurs, à cette période, le pays est en-dessous de la moyenne africaine (33/100) et largement en-dessous de celle des quatre îles de l’Océan Indien (41/100). La persistance des fraudes et corruption dans les concours d’admission dans les écoles publiques professionnelles communément reconnues, ne font qu’aggraver les pratiques de la corruption dans la mesure où, devenus agents de l’Etat, les anciens élèves ne manqueront pas de récupérer le montant de la somme dépensée en corruption et perpétueront les mauvaises habitudes. Quel crédit mérite-t-il d’être accordé aux informations longtemps colportées et largement répandues, selon lesquelles des nominations à des postes stratégiques des pouvoirs publics et des marchés publics sont décidées ou accordés sur la base de trafic d’influence d’une personnalité bien connue, non élue ni nommée, mais dont la puissance bien réelle reposerait sur un lien familial, contre une somme sonnante et trébuchante ? Comme il s’agirait d’un grave danger pour la moralisation de la vie publique, c’est un devoir citoyen d’entreprendre des investigations sur de telles informations. Si elles seront avérées, il importe de les dénoncer sans faiblesse pour que les faits ne restent pas impunis et les responsables mis hors d’état de nuire. S’il s’agit de fausses nouvelles, les auteurs de telles calomnies doivent être recherchés et durement sanctionnés ; - les violations de la règlementation des marchés publics ; - les critiques relatives à la gestion non transparente, aux pillages et aux trafics des ressources naturelles, à la détérioration du taux du seuil de la pauvreté (plus de 98 % et Madagascar est classé parmi les cinq pays les plus pauvres au monde), l’aggravation et la permanence des violations des droits humains, la recrudescence de l’insécurité dont les actes de banditisme avec parfois des attaques à mains armées par des membres des Forces de sécurité, et les vindictes populaires ; - le manque d’effectivité du contrôle des organes de contrôle (Direction de l’Inspection Générale d’Etat, Cour des Comptes) et des actions de l’Exécutif par le Parlement, et plus particulièrement, l’inaction des Commissions parlementaires d’enquête ; - l’absence de réels assainissements dans les Secteurs publics stratégiques infestés par la corruption ; - l’extrême faiblesse de la proportion du budget de l’Etat affectée aux Collectivités Territoriales Décentralisées, de l’ordre de 2 % dans la Loi des Finances de 2016, 2017 et 2018, adoptée cependant en Assemblée plénière sans débats en une demi-journée par chaque Chambre du Parlement, sans même des résolutions réclamant un budget plus substantiel à l’avenir devant permettre leur viabilité. Ce qui dénote l’absence d’une volonté politique de faire de la décentralisation une réalité ; - la flambée du prix des produits de première nécessité dont particulièrement celui du riz. - la dégradation de la qualité de l’enseignement, notamment par la non formation pédagogique des dizaines de milliers de maître FRAM recrutés fonctionnaires de l’Etat ; - les erreurs commises dans la gestion de la lutte contre l’épidémie de la peste pulmonaire de cette année 2017 et leurs conséquences tragiques ; - le défaut de paiement des pensions des retraités des Collectivités Territoriales Décentralisées ; - la faiblesse de la diplomatie malgache due au défaut de nomination d’Ambassadeurs dans les capitales stratégiques depuis de longues années (Paris, Genève, Bruxelles, Berlin, Tokyo, Washington) ; - Le manque de transparence dans la gestion du dossier des Iles Eparses (Iles Glorieuses, Bassas Da India, Europa et Joan De Nova). Pour toutes ces raisons, MAMIMAD a bien compris que « nul n’est mieux servi que par soi-même ». Ce qui veut dire que les meilleures idées ne peuvent être mises en œuvre efficacement que par leurs propres auteurs. Ce défi justifie la Résolution de l’Assemblée Générale de MAMIMAD en 2016, de participer, en son propre nom, ou éventuellement, en collaboration avec des entités ou personnalités partageant ses devises et visions ainsi que son programme d’actions, et dans la mesure de ses moyens, à toutes les élections, pour lui permettre d’assumer son devoir citoyen au service de la Nation, et mettre les compétences et expériences de ses membres au profit des générations présentes et futures. Nos bons vœux pour la nouvelle année 2018 sont donc accompagnés d’appel pressant en vue de la prise de conscience, la responsabilisation et des actions citoyennes des membres et proches de MAMIMAD pour l’atteinte de ces nobles objectifs. Aussi, vous est-il demandé de vous inscrire personnellement avec les membres de votre famille évidemment, mais aussi, de sensibiliser les citoyens de votre localité de s’inscrire sur la liste électorale et de prendre part consciencieusement au vote. Antananarivo le 18 décembre 2017 Pour le Bureau Exécutif Le Président National Anaclet IMBIKI